24 février 2009
A Rhinau cet hiver
Les prises de vues hivernales ont beau avoir du charme et laisser en moi de merveilleux souvenirs, je m'en vais chercher le printemps, alors je vous laisse quelques jours, le temps de vous ramener deux ou trois fleurettes.
18 février 2009
Baisers interdits
Diluée dans les nouvelles moroses du jour, l'une d'elles a retenu mon attention ce matin. En Grande Bretagne, les baisers seront désormais interdits sur les quais de gare ! Oh quel dommage... c'est vrai que la plupart du temps ces lieux sont bondés, mettant parfois en danger la sécurité des personnes. Soit...
Outre le fait que je ressens cette mesure comme une atteinte à la liberté, je suis triste d'imaginer les quais de gare perdant leur charme. Car c'est bien le seul qu'ils puissent avoir... Pour fréquenter très souvent les gares, je dois dire qu'entre les retards annoncés, les grèves et une correspondance serrée, la fumée des cigarettes et les courants d'air, la seule chose qui me plaît, hormis ma destination, of course, est de voir les gens s'embrasser, se câliner, se serrer l'un contre l'autre. Oh bien sûr, parfois les au-revoir sont pathétiques, j'ai vu couler des larmes et entendu quelques sanglots mais j'ai aussi vu des amoureux se parler d'un regard chargé de mille promesses. Ces scènes d'amour me réjouissent et m'emplissent toujours de joie.
Comme si les anglais n'avaient pas d'autres problèmes importants à résoudre ! Mais nous qui en avons des wagons, des trains entiers, on peut espérer que nos gares resteront encore longtemps témoins d'amours qui se font et se défont... et je pourrai continuer à rêver dans le train en admirant la jolie campagne m'offrant ses splendeurs en toute saison. Les voyages ne forment-ils pas la jeunesse ?
11 février 2009
Le feu de cheminée
Ce matin, réveil difficile, j'avais en moi une sourde angoisse, résultat d'une nuit agitée de cauchemars. J'avais dû assister à un terrible incendie dans lequel périssait une personne de ma famille. Une épaisse fumée sortait par tous les interstices des portes et des fenêtres, j'ai touché une vitre, elle était brûlante, inutile de tenter un sauvetage par mes propres moyens... Je me suis alors réveillée, haletante, le coeur battant et l'esprit troublé par la situation. Je pense que chacun de nous a eu, un jour ou l'autre, ce sentiment de malaise après un cauchemar. Et comme il est difficile parfois d'oublier les faits, de se débarasser de ce malaise qui colle à l'esprit des heures durant !
Et voici quelques instants, en triant et rangeant des documents dans mon bureau, heureuse coïncidence, j'ai retrouvé mon petit poème écrit en décembre 2004 pour un atelier d'écriture. Ouf sauvée, il m'a permis une vision du feu ô combien différente et agréable.
Je n'étais alors qu'une fillette de huit ans
Chez ma Mémé me réfugiais de temps en temps.
Dès la soupe avalée, laissant dehors le vent hurlant
Nous nous retrouvions devant l'âtre flamboyant.
En ce temps, ni télé ni fausses vérités
Ni célébrités staracadémisées.
Juste quelques mots simples et vrais
Et la chaleur qui nous engourdissait.
Sur mes genoux, ronronnait le mignon chaton.
Inlassablement, Mémé brodait son napperon
Grand'père égrappait le maïs, triait des noix
Se taisait, puis soudain pensait à haute voix.
Le tic tac incessant de l'horloge était parfois troublé
Par le bruit lourd de la bûche s'éffondrant dans le brasier,
Tandis qu'une autre dont le bois était bien vert
Semblait pleurer la forêt et gémir de colère.
Mes joues luisaient, rouges et rebondies
Je me sentais petit oiseau dans son nid.
Hourrah ! voici la première primevère, le printemps n'est plus loin !


